Pour une intégration réussie

Faciliter l’intégration et l’installation des cadres mutés et de leur famille, lors de leur arrivée dans l’agglomération lyonnaise, tel est le métier de Martine Ruiz. Une activité qui porte un nom : « la relocation ». La « relocation » (prononcer à l’anglo-saxonne) n’a rien à voir avec l’immobilier, mais davantage avec la notion de mobilité. Aider à l’installation des nouveaux arrivants, via une assistance adaptée, telle est la mission que s’astreint Martine Ruiz. Pratiquant cet exercice en free-lance, dès 1987, suite à une première approche du métier dans le cadre de son activité d’alors, depuis 1992, date de la création de sa société, cette dernière s’attelle à proposer des aides concernant l’immobilier (location, achat…), l’utilitaire (banque, eau, électricité, téléphone…), l’immigration (visa, permis de travail, carte de séjour…), voire la scolarité des enfants (choix de l’établissement et l’inscription). Des prestations qui ont un coût, « entre 1 000 e et 4 500 e selon le package, précise cette toulousaine d’origine, au préalable, formateur linguistique pour les entreprises. Autant de services, qui nécessitent aussi le besoin de se reposer sur un réseau et un maillage fort. Membre du syndicat national des professionnels de la relocation et de la mobilité, ainsi que de l’association européenne de relocation, Martine Ruiz n’hésite pas d’ailleurs, à faire appel à des consultantes extérieures, payées à la vacation. « Vu de l’extérieur, cette profession peut paraître attrayante et facile, toutefois, il s’agit d’un vrai métier qui demande un véritable savoir-faire, insiste t-elle ». Et si aucune formation particulière n’amène spécifiquement à pratiquer la « relocation », précisons que celle-ci devrait recevoir d’ici peu, une accréditation, délivrée par une association anglaise : The European Academy of Relocation Professionnal. « Les directeurs des ressources humaines (DRH) des grandes firmes nous connaissent et externalisent certains de leurs services à nos sociétés de « relocation ». Très vite un partenariat s’installe car nous sommes sollicités davantage qu’auparavant. La raison ? En général, les DRH n’aiment pas multiplier les interlocuteurs. C’est une manière d’optimiser leur temps de travail. Quant à la relative confidentialité de cette profession, Martine Ruiz ne s’en offusque pas, admettant du bout des lèvres, « qu’un effort de communication pourrait être fait à propos de la mobilité nationale ». On peut cependant comprendre, la moue toute relative de cette adepte des langues (anglais et espagnol parlés couramment), au vue de la liste de ses principaux clients. Citons pêle-mêle, Aventis Pasteur SA-MSD (le plus important), Bio Mérieux, Ciba SC, Mérial, Accenture, Protravel ou encore Lafarge, sans oublier un partenariat étroit avec l’Aderly, l’agence régionale s’occupant de promouvoir la région auprès des entreprises françaises et étrangères. Avouant avoir accueilli l’an dernier, « environ 200 familles dont 2/3 d’étrangers », elle peine pourtant à définir un profil type de client. « Souvent ils sont cadres supérieurs et étrangers, mais il existe une vraie diversité de profils ». Et si la mobilité nationale gagne du terrain, il arrive également à Martine Ruiz de faire étalage de ses compétences hors de nos frontières. Pour preuve, elle travaille actuellement pour un Américain qui part en Italie ! Quant aux qualités requises, au-delà de l’aspect humain, « fondamental et essentiel s’escrime Martine Ruiz », elles sont nombreuses et précises : la maîtrise parfaite de l’anglais, une grande flexibilité, un bon réseau, de l’expérience, et par-dessus tout, à l’instar de tous les métiers, maintenir une grande qualité de services. Christophe Magnette